Menu Accueil

Munkey diaries de Jane Birkin

J’ai longtemps hésité avant de lire ce livre craignant que la présence trop appuyée du côté «people» ne fausse l’écriture. Et bien, pas du tout ! Jane Birkin nous ouvre les pages de son journal intime dont elle noircit les pages depuis l’âge de onze ans. Nous découvrons sa vie de petite fille, ses réflexions d’adolescente et de femme. Nous entrons dans son univers.

Ce livre se présente en deux tomes. Dans celui-ci, le premier, nous découvrons la période de 1957 à 1982, qui débute par l’histoire d’une jeune anglaise issue d’un milieu aristocratique dont la mère est actrice et le père commandant dans la Royal Navy. Jane Birkin est née et vit dans un milieu artistique mais avec une éducation assez rigoriste.

EXTRAIT

J’ai quitté la maison pour me balader près de la rivière, mon orgueil était blessé. Je pensais que j’avais l’air super et j’étais déterminée à continuer de le penser. Près de la rivière, la vie était meilleure. Cette bonne vieille Tamise, toujours aussi verte, puante et sublime. J’ai couru jusqu’à l’endroit où j’avais l’habitude d’aller quand j’étais plus petite, près du panneau « les enfants ne doivent pas jouer sur ces marches ». Devant moi j’ai vu une ombre grande et fine, c’était celle d’un homme qui devait avoir 37 ans. Je n’avais jamais vu quelqu’un d’aussi beau de toute ma vie et dans un moment de folie j’ai eu envie qu’il me suive, c’était très bizarre.

Jane Birkin, simple icône

Très jeune, elle épousera John Barry, auteur-compositeur, et s’apercevra rapidement que ce n’était pas une bonne idée mais leur fille, Kate, aura le temps de montrer le bout de son nez. Fatiguée de l’esprit séducteur de son mari et d’attendre son retour à la maison pendant des heures, elle rencontrera Serge Gainsbourg en sachant tout de suite que sa vie allait être très différente.

Elle nous fait découvrir des moments drôles et cocasses de ce parcours hors normes ponctué par l’arrivée de Charlotte. Le soleil brillait chaque jour dans cette famille fantasque mais, à grands regrets, Jane choisira un autre chemin douze ans plus tard pour se sauver elle-même. Les mots, les phrases qu’elle emploie pour décrire cette période sont très touchants. La personnalité de Serge Gainsbourg l’étouffait et elle se sentait réduite à ce qu’il voulait uniquement, elle n’existait plus. Et il y avait aussi ses addictions qui se faisaient de plus en plus présentes et lourdes à gérer… Elle retrouvera un chemin plus calme avec Jacques Doillon. La famille s’agrandira avec l’arrivée de Lou.

EXTRAIT

Et il y a eu un moment fantastique ! C’était une excellente idée de Serge : il a voulu organiser une fête, mais pas n’importe quelle fête, une fête costumée, tout le monde déguisé comme les membres d’un cirque. Résultat, on n’avait jamais vu une telle industrie ! Jacqueline et sa fille cousaient frénétiquement dans le jardin, la nounou des Gutowski reprisait des moustiquaires, Elli Wallach préparait des trucs en secret dans sa chambre, Lainie Kazan dessinait sur des tee-shirts et ses assistantes cousaient elles aussi comme des folles. Le grand soir est arrivé et tout le monde était très excité.

Ma note : 3/5

Ce que j’en pense…

Cette femme possède depuis toujours une sensibilité, une fragilité à fleur de peau qu’elle a conservée. Peu sûre d’elle, elle vivra un parcours hors normes à l’âge d’or des artistes où s’invitaient régulièrement la fête et l’argent facile. Ces éléments ont parfois estompé chez elle le sens des réalités, mais rien est calculé, rien est méchant. Le besoin d’être aimée est criant chez elle.

Avec ce journal-documentaire, nous plongeons dans le cinéma français des années 70 avec Romy Schneider, Brigitte Bardot etc… et même Claude François… Nous tournons les pages d’un métissage d’extraits de vie de la carrière d’une chanteuse-actrice pas convaincue de sa légitimité mais possédant une foule d’anecdotes survenues lors des tournages de films.

Ce qu’il faut en retenir ? De l’autodérision, de l’humour, de la fraîcheur et surtout de la sincérité ! Jane Birkin a maintenant soixante-dix ans et elle assume parfaitement sa recherche du bonheur. Un livre touchant sur l’amour d’une femme fragile et forte à la fois.

Jane Birkin : « J'ai une confiance aveugle en la médecine d ...

L’autrice…

Jane Birkin est née à Londres le 14 décembre 1946. A 17 ans, la jeune fille monte sur les planches et rencontre son futur époux, John Barry. Il l’engage pour jouer dans sa comédie musicale, Passion Flower Hotel. En 1967, ils donnent naissance à Kate. La même année, Jane retient l’attention à Cannes dans le film, scandaleux et palme d’or, Blow Up de Michelangelo Antonioni. Pierre Grimblat engage la comédienne débutante et qui ne parle pas un mot de français pour donner la réplique au célèbre chanteur-compositeur Serge Gainsbourg dans Slogan. Ils sympathisent et deviennent partenaires de cour. 69, leur année érotique, débute une histoire d’amour légendaire.

En 1971, Jane et Serge défraient la chronique avec le sulfureux Je t’aime moi non plus. Après les émois de la presse et les foudres de la censure, leur fille Charlotte vient au monde. En 1973, elle sort Di Doo Dah, son premier album solo, et joue dans Don Juan 73, de Roger Vadim, au côté de l’ex-compagne de son Serge, Brigitte Bardot. L’actrice alterne les films graves, comme Le Mouton enragé de Michel Deville ou Sept morts sur ordonnance de Jacques Rouffio, et les comédies populaires, comme La moutarde me monte au nez de Claude Zidi ou Comment réussir dans la vie quand on est con et pleurnichard de Michel Audiard.

En 1976, Serge Gainsbourg aborde dans son film, Je t’aime moi non plus, les relations homosexuelles en se servant de l’ambiguïté androgyne de Jane. Une fois de plus, le couple fait scandale. Pour Lolita go home, sorti en 1975, Jane Birkin retrouve les studios d’enregistrement et chante les textes de Philippe Labro sur les musiques de Serge. En 1978, sa voix acidulée charme le public. l’Ex-fan des sixties séduit avec ses chuchotements et les textes torturés de Gainsbourg.

En 1981, Jane se sépare de Serge et vit avec Jacques Doillon, le réalisateur de La fille prodigue et de La Pirate dans lesquels la comédienne confirme son potentiel dramatique. Jane reste néanmoins l’inspiratrice de Serge Gainsbourg. Il souffre de leur séparation et lui avoue dans les paroles qu’il lui offre. En 1982, Jane est à nouveau mère. Le bonheur est privé, avec sa petite Lou, mais aussi professionnel. Son émotion charme le réalisateur Jacques Rivette ou Régis Wargnier et séduit le public qui rend l’album disque d’or.

En 1987, Lost song sort. Après avoir joué au théâtre dans La fausse suivante, Jane Birkin se sent assez confiante pour la scène du Bataclan. Son récital est un succès. Elle reprend Avec le temps de Léo Ferré et donne la preuve de sa maturité, quarantaine épanouie. En 1990, Gainsbourg lui écrit une nouvelle déclaration au titre malheureusement prémonitoire : Amours des feintes. Le Gainsbarre au coeur tendre et à la barbe de trois jours s’éteint en mars 1991, peu de temps avant David Birkin, le père de Jane. Sur la scène du Casino de Paris, Jane apparaît anéantie.

Pour surmonter ses deuils, elle se réfugie dans l’écriture et se consacre aux siens et aux autres. Sensible à la souffrance de ceux qui l’entoure et aux injustices de la vie, elle réalise notamment un court-métrage pour la lutte contre le sida, part à Sarajevo pendant la guerre qui fait rage en ex-Yougoslavie et reprend le micro pour Amnesty International.

En 1996, les vœux de ses fans sont exaucés. Dans Versions Jane, Birkin chante à nouveau Serge. En 1998, Alain Souchon, Françoise Hardy, Etienne Daho, Zazie and co lui composent A la légère. En 2002, dans Arabesque, les airs andalous, juifs, algériens et gitans visitent Elisa, ses Dessous chics et ses Amours des feintes. En 2004, Jane continue d’innover. Son Rendez-vous, orchestré par Gonzales et Renaud Letang, est un ensemble de rencontres avec des artistes de toutes les générations. On y croise Feist, protégée de Gonzales, mais aussi Brian Molko, chanteur de Placebo, Mickey 3D ou Beth Gibbons, et de vieux complices comme Alain Souchon ou Françoise Hardy. En 2006, en plein hommage à Serge Gainsbourg, décédé depuis quinze ans, Jane Birkin sort Fictions. Pour cet album pop, en anglais et en français, Jane s’entoure encore des plus grands talents : Rufus Wainwright, Beth Gibbons, Tom Waits, Dominique A, Neil Young, etc… En 2017, Jane Birkin sort un album où elle reprend les classiques de Gainsbourg avec un orchestre symphonique.

Source : http://www.fnac.com

Munkey diaries de Jane Birkin

Editions Fayard
Publication : octobre 2018
Nombre de pages : 347
Coût : 22,50 €
EAN : 9782213701479

Editions le Livre de Poche
Publication : janvier 2020
Nombre de pages : 448
Coût : 8,40 €

EAN : 9782253257820

Catégories :Auteur français Histoire vraie Littérature française Rentrée Littéraire 2018 Roman biographique

Tagué:

Bookiners

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :