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L’outrage fait à Sarah Ikker de Yasmina Khadra

OUTRAGE SARAH IKKER

Tanger, un milieu «police-justice» qui semble échapper à certaines logiques. Sarah Ikker est la fille gâtée d’un haut fonctionnaire de la justice. Elle s’est mariée à Driss, lieutenant de police, garçon au sourire ravageur rencontré lors d’une soirée mondaine. Driss vient d’un milieu beaucoup plus simple et à toujours voulu s’élever pour ne pas finir berger dans les montagnes comme son père.

Depuis quelques temps, sa femme lui reprochait de ne pas passer assez de temps chez eux et se soignait aux antidépresseurs. Un soir, Driss la retrouve inconsciente, ligotée sur son lit et violée. Son obsession pour retrouver le coupable le rendra destructeur pour son couple.

EXTRAIT

Ce n’est pas un jeu. Ma femme a été violée par un salaud, et ce salaud est quelque part dans la nature en train de se payer ma tête. L’enquête crapahute et le lieutenant chargé de la mener préfère s’occuper de ses petites affaires. Ce n’est donc pas contre toi que je tire la tronche, mais contre ces incompétents qui ne foutent rien.

L’honneur bafoué de Driss le consumera de l’intérieur. Sa fierté masculine lui fait presque oublier les blessures supportées par sa femme et il éprouve du rejet plutôt que de la compassion. A la force de ses poings, il mènera une enquête en se trompant parfois de cible.

EXTRAIT

Driss parcourut une longue allée bordée de rosiers, soulevant au passage les aboiements d’un chien enfermé dans une cage. Ammi Laoufi, qui était occupé à réparer une clôture, lui indiqua le chemin d’un vague mouvement du menton.

Assise sur un banc à l’ombre d’un caroubier, Sarah se diluait dans sa mélancolie. Elle ne se retourna pas au bruit des pas qui s’approchaient.

Driss s’arrêta à quelques mètres de sa femme, les jambes brusquement flageolantes. Il n’eut pas la force d’aller plus loin.

Ma note : 3/5

Ce que j’en pense…

J’avais déjà lu Dieu n’habite pas la Havane du même auteur sans être conquise. Je reste un peu dans la même ligne de pensée avec L’Outrage fait à Sarah Ikker dont les bases sont un peu caricaturales.

Yasmina Khadra nous met au cœur d’une enquête de pouvoir, d’une enquête conjugale rivalités comprises, avec au centre un beau lieutenant, la société des apparences et une belle femme fortunée dépressive qui perd sa place au sein de la société marocaine. De là, nous comprenons, qu’entre les lignes, la condition féminine en Afrique du Nord n’est pas idéale.

Ce livre est la première partie d’une trilogie marocaine à venir. Un roman qui se lit facilement même si parfois, l’impression d’avoir déjà la clé de l’énigme nous effleure. L’histoire peut paraître un peu légère avec trop de clichés. Attendons la suite !

L’auteur…

Yasmina Khadra : « L'Europe a obligé les écrivains algériens à s ...

Yasmina Khadra est le pseudonyme de l’écrivain algérien Mohammed Moulessehoul.

Son père, officier de l’ALN blessé en 1958, veut faire de lui un soldat en l’envoyant dès l’âge de neuf ans dans un lycée militaire, où il fait toutes ses études avant de servir comme officier dans l’armée algérienne pendant 36 ans. Durant la période sombre de la guerre civile algérienne dans les années 80-90, il est l’un des principaux responsables de la lutte contre l’AIS puis le GIA, en particulier en Oranie.


Moammed Moulessehoul choisit en 1997, avec le roman Morituri, d’écrire sous pseudonyme. Diverses raisons l’y poussent, mais la première que donne Moulessehoul est la clandestinité. Elle lui permet de prendre ses distances par rapport à sa vie militaire et de mieux approcher son thème cher : l’intolérance.

Il démissionne de l’armée algérienne en 2000, pour se consacrer à sa vocation: l’écriture, et choisit de s’exprimer en langue française. Après un court passage au Mexique, il vient s’installer en 2001, en France, où il habite encore aujourd’hui. En 2002 dans L’imposture des mots, Khadra-Moullessehoul répond aux attaques qui fustigent son passé militaire.

Il choisit de rendre hommage aux femmes algériennes et à son épouse en particulier, en prenant ses deux prénoms, Yasmina Khadra, et ne révèle son identité masculine qu’en 2001 avec la parution de son roman autobiographique L’Écrivain. Son pseudonyme féminin est effectivement composé du prénom de son épouse et l’auteur déclare, avec beaucoup d amour, à ce sujet : « J’ai choisi le prénom de mon épouse comme pseudonyme par simple reconnaissance, par gratitude ». Et son identité tout entière est dévoilée dans L’imposture des mots en 2002. A cette époque ses romans ont déjà touché un grand nombre de lecteurs et de critiques.

Parmi ses ouvrages, on peut citer Morituri (Baleine, 1997), L’automne des chimères (Baleine, 1998), A quoi rêvent les loups (Julliard, 1999) et Cousine K (Julliard, 2003), où se déploie le « style Khadra » alliant lyrisme, métaphores inattendues, dépouillement et poésie. Style qui atteint son apogée avec L’Attentat (Julliard), retenu par les jurys du Goncourt et du Renaudot en 2005 et titulaire du prix des libraires 2006.

En 2010, l’auteur délaisse pour un temps le sujet du conflit au Moyen-Orient, au cœur des Hirondelles de Kaboul (2002) et Les Sirènes de Bagdad (2006), pour écrire un conte moral : L’Olympe des infortunes.

Sources : http://www.babelio.com

L’outrage fait à Sarah Ikker
Auteur : Yasmina Khadra
Editions Julliard

Parution : avril 2019
Nombre de pages : 275
Coût : 19,00 €
ISBN : 9782260053217

Catégories :Auteur algérien Littérature algérienne Polar/Thriller Rentrée littéraire 2019

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