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Instinct de survie

Avec ce premier roman qui débute la trilogie d’une chronique historique, Jim Fergus nous propulse en 1874 aux Etats-Unis à l’ère du Président Grant. Avec le chef des Cheyennes, Little Wolf, celui-ci signe un étrange deal sous l’hypocrite prétexte d’intégration des indiens à la race blanche. Ce marché consiste à leur livrer 1000 femmes blanches contre 1000 chevaux. Il est bien évident que cette transaction n’a pas fait la première page de la presse de l’époque !  On dit souvent que la loi a été faite par les hommes et pour les hommes…

Ces femmes sont recrutées dans les prisons, les asiles de fous, les volontaires sont acceptées, celles qui sont laissées sur le bord de la route. Petite parenthèse : toutes les femmes enfermées dans des asiles n’étaient pas folles. A l’époque, on se débarrassait volontiers des caractères trop indépendants aux yeux des hommes. Elles finissaient leurs jours dans des institutions où elles étaient attachées et parfois violées. Comment ont-elles pu accepter ce marchandage ? Elles n’avaient pas le choix et n’importe qu’elle autre situation leur semblait plus douce que l’enfer qu’elles vivaient.

Ce contrat prévoie une durée de deux ans chez les Cheyennes. Après s’être mariées, elles devront assurer une descendance et apporter la civilisation des hommes blancs chez les « sauvages », telle était leur appellation. Mais après tout, qui étaient les sauvages ? Une fois ces deux années passées, elles seraient autorisées à rentrer chez elles ou démarrer une nouvelle vie si elles le souhaitaient.

May Dodd fait partie de ce contingent féminin. Elle a accepté cette folle proposition pour revoir ses enfants dont elle n’a absolument aucune nouvelles. Elle est hantée par leur image. Issue d’une famille argentée, très volontaire et indépendante d’esprit, elle a refusé un mariage arrangé et s’est enfuie pour vivre avec un homme de rang inférieur au sien dont elle était follement amoureuse. Deux enfants sont nés de cette passion. Quelques années plus tard, des hommes sont venus pour l’enfermer à vie dans une institution sur ordre de son propre père.

EXTRAIT

Au cas où ils ne me reverraient jamais, moi leur mère qui les aime, je rédige ce journal afin de conserver mon témoignage pour mes très chers enfants Hortense et William, qu’ils puissent tout savoir de mon internement injuste, de mon évasion hors de l’enfer, et de ce que ces pages encore blanches leur révéleront un jour sur mon avenir…

Après un long voyage en train à travers les Etats-Unis, May et ses consœurs seront livrées aux indiens afin de participer à une vie et à des coutumes qu’elles n’auraient pas pu imaginer. Très instruite, la future femme du chef des Cheyennes a décidé d’écrire, de tout consigner dans des carnets pour qu’un jour ils soient retrouvés et que ses chers enfants connaissent son histoire.

EXTRAIT

Pour commencer, je trouve au-delà de toute perversité de devoir partager une tente avec en sus de mon futur mari, ses deux autres épouses, une vieille bique et une jeune femme, un garçonnet et un bébé ! Oui, voilà combien nus sommes dans wigwam. On peut à juste titre se demander comment entretenir des relations conjugales dans ces conditions. Nous n’avons d’intimité, pour ainsi dire, que dans la mesure où nous ne nous regardons jamais, et parlons encore moins. J’en retire une bien singulière impression, celle d’être invisible. Et je saurais difficilement décrire l’odeur de tous ces corps si proches les uns des autres.

 

4 ETOILESMa note : 4/5

Ce que j’en pense…

 

Cette histoire est la découverte d’une femme qui ne voulait pas tomber dans l’oubli. Les thèmes abordés sont la politique intérieure des Etats-Unis de l’époque, la condition féminine, la gestion d’un choc culturel et la survie. Dans cette aventure, c’est bien de la survie de femmes extrêmement courageuses dont il s’agit !

Fiction et faits historiques cohabitent dans ce roman qui nous renseigne sur les us et coutumes de la tribu des Cheyennes. La proposition initiée par le gouvernement américain sera, au final, un marché de dupes. Lorsque la présence de richesses sera découverte sur les terres indiennes, les occupants seront enfermés dans des réserves ou massacrés.

En tournant les pages de cette épopée romanesque, vous lirez le journal intime de May Dodd, cette héroïne fabuleuse qui s’adapte à presque toutes les situations, même les plus dures et dont les carnets seront retrouvés par un de ses descendants. Des événements douloureux et magnifiques à la fois !

 

ETOILES NOIRES

 

MILLE FEMMES BLANCHES

« Les carnets de May Dodd »

Titre français

ONE THOUSAND WHITE WOMENS

« The journals of May Dodd »

Titre original

Auteur : Jim Fergus Traducteur : Jean-Luc Piningre
Editions : France Loisirs

Editions : Pocket

Publication : juillet 2004
Nombre de pages : 408 Coût : 19,50 € ou 7,90 €
ISBN : 2366243936

 

 

 

 

Catégories :Auteur Américain Littérature américaine Rentrée Littéraire 2004 Roman inspiré de faits réels

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