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La boxe au pays de la mafia

 

Davide Enia nous ouvre les pages de son roman sur une fresque familiale palermitaine de l’après-guerre jusqu’aux années 1990 dont le héros est un garçon de neuf ans, Davidù.

Il porte déjà sur ses frêles épaules les succès, les  espoirs, et les déceptions des trois dernières générations d’hommes de sa famille, des boxeurs. Ils ont fait de ce sport une philosophie de vie qui est devenue le fil conducteur de cette saga transgénérationnelle.

Rosario,  le grand-père et ancien cuisinier, a été soldat en Afrique pendant la guerre. Il en reviendra vivant grâce à sa volonté de fer et à la boxe que lui a enseigné un officier passionné.

EXTRAIT

Dans la cuisine, mon grand-père Rosario préparait le déjeuner. En présence d’étrangers, il restait pratiquement muet. Il ne parlait qu’avec moi et son grand ami, son compare, compère Randazzo.

Umbertino, son oncle, est propriétaire de l’unique salle de boxe à Palerme. C’est un colosse dur envers lui-même comme avec les autres. Il hait la mafia et ressent un profond respect envers les prostitués suite au décès d’une d’entre elles qui lui a évité la mort.

Il fut un temps, il entraina le père de Davidù, surnommé «le Paladin», boxeur mythique sicilien. Davidù ne l’a pas connu car il s’est tué dans un accident juste avant un combat national contre un champion sarde alors que son fils était très jeune.

A neuf ans, Davidù a une vie de petit garçon. Il est ami avec Gerruso et amoureux de la cousine de celui-ci, Nina. Ce sont les premiers émois. Mais l’ambiance palermitaine n’est pas de tout repos et souvent, des bagarres éclatent même entre enfants et jeunes adolescents.

La violence est omniprésente dans les rues. Lorsqu’Umbertino voit Davidù se battre avec rage contre les gamins du quartier, il comprend que le don de la boxe est toujours attaché à leur famille.

 

4 ETOILESMa note : 4/5

Ce que j’en pense…

Davidù a été élevé par des hommes qui n’ont pas eu la vie facile et la boxe leur a donné un cadre pour naviguer dans la vie. L’histoire fera beaucoup d’allers-retours depuis la guerre jusqu’aux attentats mafieux en Sicile. Les coups pleuvent mais la rage du combat fera avancer Davidù comme tous les autres hommes de la famille.

La description de la vie journalière à Palerme n’est pas toujours très reluisante à cause des affrontements de clans ou de comptes à régler avec ses adversaires.

Grâce à Umbertino qui tiendra le rôle de passeur d’histoire, Davidù apprendra la vie et le respect des femmes à travers ses combats de boxe. Même si elles restent discrètes dans le livre, elles montrent le bout de leur nez avec Provvidenza, grand-mère de Davidù et ancienne maîtresse d’école. Elle ne lâchera pas son petit-fils tant qu’il ne saura pas écrire et parler correctement. C’est la plus instruite de la famille.

EXTRAIT

Grand-mère enseignait aussi les gros mots à ses élèves, en douce, pour mieux les préparer à la vie, « qui est faite de verbes et de calcul, mais aussi d’offenses et d’injures, et il vaut toujours mieux les connaître ».

Un clin d’oeil dans ce monde de brutes avec le stratagème qu’Umbertino a mis en place avec ses amies prostituées pour déconcentrer les adversaires de Davidù lors des combats. Les armes sont exclusivement féminines et dénuées de toute violence !

Toutes les attentions se focalisent sur ce jeune boxeur sicilien quidevenu adolescent, sera surnommé « le poète » par son ami Gerruso. Poète, il ne le sera pas vraiment sur le ring car sans en dire un mot, son oncle et son grand-père espèrent secrètement qu’il puisse terminer le combat final que son père n’a pas pu honorer.

C’est un roman de pure tradition familiale, parsemé d’expressions en dialecte palermitain, où les nouvelles générations portent les espoirs du passé. Plus qu’une lecture sur la boxe, ce sport est un lien représentatif sur les combats quotidiens de la vie qui n’excluent pas le charme, la tendresse et l’amour.

Un premier roman plein d’énergie pour Davide Enia qui ne nous laisse pas insensibles à l’histoire de cet enfant !

 

ETOILES NOIRES

 

Sur cette terre comme au ciel de Davide Enia – Traductrice : Françoise Brun – Editions Albin Michel – Publication : août 2016 – Nombre de pages : 416 – ISBN : 2253074020

 

 

Catégories :Auteur italien Littérature italienne Premier roman Rentrée littéraire 2016

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