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Il faut vivre…

 

Martin, la surnomme Croquette ou Turtle. Qui est-elle ? C’est Julia Alveston, sa fille de quatorze ans. Ils vivent tous les deux dans une maison à l’écart de la ville, au Nord de la Californie. Le matin, ils ont un rituel, une histoire sans paroles : elle gobe des œufs, lui lance une bière et la journée commence.

Turtle, est son surnom préféré. Elle est à l’âge difficile de l’adolescence. L’insertion dans son école est compliquée. Elle n’a pas vraiment d’amis car elle ressemble plus à une enfant sauvage avec son tee-shirt trop grand, son jean troué et ses chaussures militaires. Son look n’est pas compatible avec les filles de son âge.

Depuis que la disparition de sa mère, toute la vie de son père tourne autour d’elle. Petite, il lui a appris le maniement des armes. Tous les soirs, elle démonte et remonte son pistolet. Martin veut qu’elle soit forte, qu’elle résiste à toutes les épreuves. Elle connait la nature comme sa poche et serait capable de remporter n’importe quelle épreuve de survie. Elle se sent différente mais n’arrive pas à s’expliquer ce sentiment.

Martin est un survivaliste forcené qui lit des livres sur la philosophie et pense que la fin du monde est proche. Il possède un caractère imprévisible qui oscille entre colères destructrices, méchanceté, divagations et amour délirant pour sa fille. Pourtant, dans ses moments de répit, il a l’air d’un homme normal…

EXTRAIT

Il agite le tisonnier, la frappe au bras, et elle est propulsée sur le ventre dans la boue, son bras gauche engourdi, son épaule semble cassée, elle essaie de se relever, prend appui sur une main et se soulève, mais il pose sa chaussure sur ses reins, la rive au sol. Il lève le tisonnier, et elle pense, Va-t’en, va-t’en, Turtle, sauve ta peau et va-t’en, mais elle est bloquée là par sa chaussure, et elle pense, Il le faut – il le faut, mais elle ne peut plus bouger, et il abat le tisonnier sur l’arrière de ses cuisses, et elle rue, se contorsionne.

Les habitants de la petite ville de Mendocino ne se doutent pas que Julia est tous les jours manipulée par un père abusif et lorsque les doutes les submergent, ils préfèrent se voiler la face.

C’est une relation beaucoup trop exclusive entre son père et sa fille. Lui pense que c’est de l’amour mais dans ses moments noirs, il n’hésite pas à la traiter de connasse, de moule illettrée et à lui montrer qu’il est plus fort physiquement. Julia le subit car elle n’a pas d’autres repères que cette figure paternelle. Son grand-père et une ancienne amie de sa mère vont essayer de l’éloigner de cette folie mais sans succès, l’emprise est trop forte.

EXTRAIT

Elle glisse deux doigts entre les fils blancs décousus, pose la joue contre l’intérieur de sa cuisse. Il reste là, le regard ailleurs, il tient sa bière entre le pouce et l’index, et elle essaie de réfléchir désespérément à ce qu’elle pourrait faire, cette pauvre petite moule, cette moule illétrée.

C’est lorsqu’elle rencontrera Jacob et Brett qu’elle s’apercevra qu’il existe une vie ailleurs…

Ma note : 5/5

Ce que j’en pense…

Un vrai coup de cœur pour le personnage de Julia dans ce récit brutal et déconcertant. L’héroïne est très attachante dans son combat avec une culpabilité qui n’est pas la sienne et son absence de repères. Elle mènera une lutte pour son indépendance au prix de sa vie. Comprenant les mécanismes destructeurs de son père, elle veut s’échapper mais se retrouve face à ce qu’elle ne comprend pas. On reste toujours les enfants de ses parents…

Ce père manipulateur est plus qu’odieux et totalement crédible dans le roman. Survivaliste convaincu et adepte des armes, il instaurera une ambiance anxiogène dans une maison délabrée, perchée et entourée de marécages.

Gabriel Tallent décortiquera la vampirisation d’un père envers sa fille dans ce thriller en huit clos avec tous les excès néfastes que cela comporte, la manipulation à l’état pur.

Ce roman est un drame, une quête de soi, une émancipation, et une lutte contre l’inertie de ceux qui ne veulent pas voir.

 

ETOILES NOIRES

 

My absolute darling de Gabriel Tallent – Traductrice : Laura Derajinski (anglais américain) – Editions Gallmeister – Parution : mars 2018 – Nombre de pages : 454 – ISBN : 2351781686

 

 

Catégories :Auteur Américain Littérature américaine Roman psychologique

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