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Pas de pitié !

 

Qu’il était difficile d’être une femme indépendante dans l’Amérique de ce début du XXème siècle ! Etions-nous encore condamnées au mariage arrangé afin de vivre décemment ? C’est ce que l’autrice américaine Edith Wharton nous fait découvrir dans son livre Chez les heureux du monde.

Et qui sont-ils ces heureux de l’élite new-yorkaise ? Tout simplement les grandes familles bourgeoises qui, avec leurs facilités financières et leurs propres codes, mettent à mal les désargentés. Ce n’est qu’un microcosme étouffant où chacun surveille le moindre faux pas de l’autre.

Avant la ruine familiale et la disparition soudaine de ses parents, Lily Bart, à peine trentenaire, évoluait dans ce milieu où les réceptions, les voyages et les toilettes sont les principales préoccupations de ces dames. Ce malheur arrivé, seule sa tante, Mrs. Peniston, acceptera de l’héberger. Elle prêtera une grande attention à sa réputation, règlera ses factures vestimentaires pour maintenir son rang mais refusera de la soutenir pour ses dettes de jeu. Et oui ! Les tournois de bridge sont aussi un passe-temps de ces dames fortunées.

EXTRAIT

Mrs. Peniston était la sœur de Mr. Bart ; elle était veuve, et, bien qu’elle ne fût point le membre le plus riche de la famille, loin de là, tous les autres néanmoins démontraient à qui voulait les entendre qu’elle était clairement désignée par la Providence pour assumer la charge de Lily. En premier lieu, elle vivait seule, et ce serait charmant pour elle d’avoir une jeune compagne.

 

Mais Lily a les pensées d’une jeune femme moderne pour l’époque. Elle a bien compris qu’afin de sécuriser sa vie, il lui faudrait trouver un riche parti pour la mettre à l’abri des vicissitudes de l’existence. Elle a beaucoup de mal à s’y résoudre et sera pleine de contradictions. Et l’amour dans tout ça ? Elle le trouvera en la personne de Lawrence Selden mais ne veut pas se l’avouer car sa trop périlleuse situation financière l’en empêche. Ils joueront au chat et à la souris par peur l’un de l’autre.

EXTRAIT

Quelques hommes s’éloignèrent, à la recherche de leur compagne de souper, et les autres, à l’approche de Selden, lui cédèrent la place, conformément à la tacite franc-maçonnerie des salles de bal. Lily était donc seule quand il l’aborda ; et, trouvant dans ses yeux le regard attendu, il eut la satisfaction de s’imaginer que c’était lui qui l’avait allumé.

 

Attirée par le luxe mais refusant de monnayer ses faveurs, Lily restera maître en l’art de naviguer entre tous ces «gens de la haute». Elle découvrira, que bien souvent, les rivalités ne sont que des «petits crimes entre amis» qui ternissent en un clin d’œil une réputation sur des dires infondés. Plus clairement, cela s’appelle les ragots.

 

EXTRAIT

— Chère innocente, ne voyez-vous pas que Carry a tout à fait raison, et qu’il faut que je reprenne ma vie habituelle, et que je me montre le plus possible avec du monde ? Si mes anciens amis préfèrent ajouter foi à des mensonges en ce qui me concerne, il faut bien que je m’en fasse de nouveaux, voilà tout ; et, vous le savez, les mendiants n’ont pas le choix…

Comme disait le philosophe Francis Bacon « Calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose » ! La calomnie peut-elle mener jusqu’à la perte de sa propre vie ?

 

Ma note : 4/5

Ce que j’en pense 

Les thèmes du mariage, de l’ascension et de l’exclusion sociale, de la classe ouvrière sont évoqués dans ce roman d’Edith Wharton. Ecrivaine très observatrice, elle y décrit les émotions, les lieux et la façon de vivre de chacun avec beaucoup de détails dans ce New-York de l’Age d’or. C’est le destin tragique d’une jeune femme en avance sur son temps, obligée de faire avec les codes de cette époque qui la mèneront à une dégringolade pratiquement prévisible.

Comme dans son livre, Les New-Yorkaises, le lecteur retrouvera un portrait sans indulgence de cette société hypocrite, intéressée, impitoyable, très misogyne où l’argent ne fait que s’afficher. Son héroïne pensait en dominer tous les codes mais elle s’y est noyée.

Chez les heureux du monde est le portrait d’une femme qui cherchait seulement à être heureuse…

 

ETOILES NOIRES

 

Chez les heureux du monde d’Edith Wharton – Titre original : The House of Mirth – Editions Gallimard – Traduit par : Charles Du Bos (anglais des Etats-Unis)  – Publication : février 2001 – Nombre de pages : 423 – ISBN : 2-07-075845-1

Catégories :Roman

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