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Maintien des apparences…

 

Le New-York des années vingt fut une période particulière aux Etats-Unis. Les mœurs se modifièrent apportant plus de liberté dans la vie sociale, une ouverture de la pensée et l’émancipation de la femme craignant moins le regard de la société pour toutes les affaires de divorce.

C’est dans ce contexte que nous ferons connaissance de la très active cinquantenaire, Pauline Manford. Bourgeoise et financièrement à l’abri, elle est divorcée d’Arthur Wyant avec qui elle a eu un fils, Jim. Depuis quelques années, elle s’est remariée avec Dexter Manford, un avocat englouti par son travail. Ils ont eu une fille, Nona qui considère sa mère comme une gentille extra-terrestre frivole.

Pauline navigue dans la haute société new-yorkaise et passe son temps entre les réceptions, l’esthéticienne, les réunions d’œuvres caritatives, les soirées, l’emploi du temps de son mari Dexter dès qu’il rentre à la maison… Elle échafaude même un plan pour sauver le mariage de son fils dont la jeune femme Lita pense à divorcer.

Cette boule d’énergie faite femme veut tout gérer et ne s’accorde pas cinq minutes de repos sans se sentir coupable. Elle pense résoudre toutes les situations et organiser la vie de chacun grâce à sa bonne volonté et à ses moyens financiers. Lorsque que les choses ne tournent pas comme elle le souhaite, elle se tourne vers les différents maîtres spirituels ou gourous dont la « profession » explose dans les années folles.

EXTRAIT

C’était le « combientième » de l’année, ce dîner ? On n’en voyait pas la fin ! Comment Pauline pouvait-elle supporter ça ? Pourquoi voulait-elle le supporter ? Et dire qu’il fallait tous ces massages, ces exercices rythmiques, ces cures de repos, pour remettre en forme des gens qui se porteraient comme un charme s’ils menaient des vies normales !

Cette façon de se sentir indispensable à tous peut parfois devenir contre-productive car elle ne s’aperçoit pas que cette suractivité fatigue son mari et qu’il pourrait bien être tenté par une présence féminine moins organisée et plus futile…

EXTRAIT

Ce soir-là, il se sentait plus fatigué que d’habitude — fatigué de sa journée, de son travail, de la vie, de lui-même… oh oui, surtut de lui-même… tellement fatigué que, le confort du fauteuil aidant, il sombra dans une somnolence où la quiétude environnante s’insinua comme le flot d’une marée.

Ma note : 3/5

Ce que j’en pense…

Edith Wharton est une romancière américaine du siècle dernier. Dans son livre publié en 1927,  Les New-Yorkaises, elle nous livre les habitudes d’un monde qu’elle a bien connu. Membre d’une riche famille de la haute bourgeoisie, elle gardera une certaine nostalgie d’une aristocratie sur le déclin. C’est la première femme à avoir obtenu le prix Pulitzer en 1921 pour son livre, Le temps de l’innocence.

Elle nous ouvre la porte d’une saga familiale où pendant des années, l’épouse et mère de famille donne la cadence de sa quête frénétique dont le but reste assez flou. Etait-ce un vide qu’elle voulait combler ? Quoiqu’il en soit, l’autrice dépeint subtilement les personnages et nous livre un monde assez burlesque dans sa façon d’être.

Trois personnages féminins tiennent le devant de la scène : Pauline, Nona et Lita. Avec ces protagonistes de caractères diamétralement opposés, quatre thématiques ressortent de ce roman : la liberté de la femme, les difficultés du mariage, les faiblesses du caractère masculin dans cet environnement et le sauvetage des apparences à tout prix.

Une histoire qui se lit facilement mais qui garde un manque de saveur pour une vie sans grands bouleversements, des soucis sans grande importance et un manque d’action certain qui perdurera jusqu’à l’épilogue.

 

Les New-Yorkaises

Autrice : Edith Wharton

Editions : Littera

Publication : juin 2004

Nombre de pages : 406

ISBN : 2-84057-550-7

 

Catégories :Roman

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