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Conversation avec un juge

La police, l’arrestation, le fourgon, le juge…
Mais comment Martial, un homme discret, plutôt taiseux, élevant seul son fils en est arrivé là ?
Une histoire simple, Monsieur le juge, très simple !
Un promoteur immobilier arrive dans une petite ville de Bretagne à la recherche de terrains à acquérir. Il achète un vieux château inhabité entouré d’un parc de deux hectares. Son projet est de le transformer en une station balnéaire.
Ce sera le Saint Tropez du Finistère ! Une véritable aubaine pour cette région où le bassin d’emplois n’est pas au mieux de sa forme.
Le régisseur de ce château, Martial Kermeur, habite avec son fils de sept ans dans une petite maison à l’entrée du domaine. En échange, il entretient le parc. A cinquante ans, c’est un homme  renfermé sur lui-même suite à son divorce et la perte de son emploi. Avec la fermeture de l’Arsenal où il était ouvrier, il a touché une coquette somme qu’il conserve précieusement.
Antoine Lazenec, le promoteur, est un beau parleur. Il a cette faculté innée de s’intégrer au paysage local pour arriver à ses fins. Il sait se faire apprécier du Maire, Martial Le Goff, qui lui ouvre les portes du conseil municipal. De promesses en promesses, il s’immisce dans la vie des gens en prenant la place du bon ami de la famille. Ce processus s’étale sur plusieurs années, c’est du travail d’orfèvre… les gens investissent.
Les travaux commencent, les grues et les grosses machines envahissent le terrain. Mais après un certain temps, seuls d’énormes trous défigurent le paysage du parc et tout est à l’arrêt.
Martial Kermeur a acheté un trois pièces à cinq cent mille euros, dans ce projet. Le Maire, lui, a investi pour la ville, soit deux millions d’euros. En tout, ce sont trente personnes à avoir cru à ce mirage.
Le juge demande à Martial :
— Mais alors, qu’avez-vous fait ?
— Monsieur le Juge, vous connaissez la fable du corbeau et
     du renard ?
Ma note : 5/5 
Ce que j’en pense…
Un vrai coup de cœur pour ce roman qui raconte le processus d’escroquerie d’un promoteur véreux s’étalant sur des années. L’appât du gain est plus fort que la moralité dans ce système de fraude pyramidale.
L’histoire démontre que malheureusement avec un beau costume et de belles paroles, certains peuvent retourner les esprits et ruiner des vies.
L’auteur touche plusieurs points sensibles de la vie dans cette histoire. La perte d’emploi, les dommages collatéraux suite à un divorce, l’inégalité des niveaux sociaux, la réussite matérielle, la fierté personnelle, la revanche sur la vie…
Toutes ces raisons, l’escroc professionnel les connait et les exploite. Dénué de tout esprit d’humanité, il travaille uniquement pour lui et mène les gens en prison ou au cimetière sans aucun état d’âme. Il n’y a rien à comprendre, il répond à une logique totalement différente.
Tanguy Viel nous fait partager la descente aux enfers d’hommes trahis dans la confiance qu’ils avaient accordée à un détrousseur des temps modernes et qui ne comprendra pas pourquoi sa route s’arrêtera brusquement.
Article 353 du Code Pénal
Auteur : Tanguy Viel
Editeur : Les Editions de Minuit
Publication : Janvier 2017
Nombre de pages : 174
ISBN : 9782707343079
Grand prix RTL Lire 2017

Catégories :Coup de cœur Roman

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