Menu Accueil

Un enfant à tout prix

Tom Sherbourne rentre chez lui en Australie après avoir passé plusieurs années dans les tranchées de la première guerre mondiale. Ancienne colonie fondée par les Britanniques, ce pays s’engagea pour défendre la Grande-Bretagne contre les Allemands lors de la Grande Guerre.
L’Australie, parmi d’autres nations,  a payé un lourd tribut dans ce carnage. Quatre cent mille soldats sont partis combattre et soixante mille ne sont pas revenus. Parmi les « veinards » qui rentraient au pays, il y avait ceux comme Tom dont les blessures psychologiques ne se voyaient pas. Mais il y avait aussi les autres, les gazés, les blessés, les amputés pour qui la vie ne serait jamais pareille.
Dès son retour, Tom signe un contrat de six mois pour remplacer le gardien du phare de l’île de Janus Rock, tombé malade. Cette île aride et balayée par les vents est située à cent cinquante kilomètres de la pointe Sud-Ouest de l’Australie. Elle est reliée au continent, plus précisément à la ville de Pointe Partageuse, par un navire ravitailleur quatre fois par an.
Pour Tom, c’était un moyen de fuir la guerre et la solitude ne lui fait pas peur. La première période semestrielle de remplacement se déroule bien et il se voit proposer un contrat de trois ans renouvelable. Il revient à Pointe Partageuse pour signer les papiers.
C’est sur le quai en attendant le bateau qui le ramènera sur l’île que Tom vit Isabel pour la première fois. Il entendait surtout son rire enfantin. Elle donnait du pain aux oiseaux et en la regardant il se disait qu’elle dégageait une innocence et une pureté que les années de guerre lui avaient fait oublier.
Ils se marièrent et partirent sur l’île de Janus Rock pour entamer une vie de Robinson. Isolés du monde, ils vont vivre un amour exclusif et sans nuages, sauf peut-être les difficultés que rencontrent Isabel pour mener ses grossesses à terme. En effet, celle-ci en est à sa deuxième fausse couche et un bébé mort-né. Le désespoir mine sa santé mentale.
Avril 1926, Isabel se recueille devant la croix de son petit garçon décédé quinze jours auparavant. Elle entend des cris qui lui semblent être ceux d’un bébé… non, c’est sûrement le vent ou les mouettes … Avec des jumelles, Tom aperçoit un canot échoué sur le rivage.
Ils y trouveront un homme mort et un bébé sain et sauf qui s’avère être une petite fille. Tom voudrait prévenir les autorités mais Isabel l’en dissuade. Cette jeune femme ne pouvant plus gérer son désir inassouvi d’enfant veut garder cette petite fille qui est un don du ciel. Pour elle, la maman de ce bébé n’existe pas.
Sur le moment, Tom ne comprend pas vraiment. Le débordement d’un amour maternel sans limites entraînera le couple dans une spirale infernale qui s’étalera jusqu’à la fin de leurs vies.
EXTRAIT
C’étaient des accusations que Tom avait déjà entendues, lorsque, folle de chagrin après ses fausses couches, Isabel avait donné libre court à sa rage contre la seule personne présente à ses côtés – l’homme qui continuait à faire son devoir, qui la réconfortait du mieux qu’il le pouvait, mais qui gardait pour lui son propre chagrin. Une fois de plus, il la sentit au bord d’un gouffre dangereux, plus près d’y tomber peut-être qu’elle ne l’avait jamais été.
Note coup de cœur : 5/5
Ce que j’en pense…
Ce roman coup de cœur fera découvrir au lecteur la nature de ce petit coin du bout du monde qu’est l’île de Janus Rock et la ville australienne de Pointe Partageuse dans cette ambiance des années 20.
La perception maternelle est toute puissante dans cette histoire. Les mères ne revoient pas leurs fils revenir de la guerre, les grossesses n’aboutissent pas, les enfants s’évaporent dans la nature…
La raison et les sentiments se livrent ici un duel sans merci dans cette affectivité si compliquée à gérer.
Le caractère des deux protagonistes principaux est très entier. Tom, va se ranger aux décisions intransigeantes d’Isabel. Il comprend que ce besoin d’enfant la prend au plus profond de son être et altère son raisonnement. Il accepte de se laisser entraîner par le fond par amour mais sa culpabilité le ronge… Culpabilité d’enlever un enfant à une mère biologique qui existe peut-être, culpabilité d’être revenu vivant le de la guerre, culpabilité de ne pas rendre sa femme heureuse… leurs sentiments se perdent.
Sur fond de première guerre mondiale, le lecteur sera entraîné vers un cas de conscience. Que signifie avoir un enfant ? Où est le bien et le mal et la raison peut-elle prendre une place entre les deux ?
Ce livre ne porte aucun jugement mais étudie chaque personnage en fonction de sa situation. Le choix des décisions peut parfois avoir des conséquences inattendues.
Une vie entre deux océans
Titre original : The Light Between Oceans
Auteure : M.L Stedman
Traductrice : Anne Wicke (anglais Australie)
Editions : Stock
Livre de poche : 2014
Publication : Novembre 2013
Nombre de pages : 456
Prix des lecteurs 2015
Film en 2016
Trois nominations : Lion d’Or, Prix spécial du jury, Queer Lion

Catégories :Coup de cœur Littérature australienne Premier roman

Tagué:

Bookiners

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :