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Les déjantés de l’amour !

EN ATTENDANT BOJANGLES
En attendant Bojangles est l’histoire de Georges, Louise et leur fils qui a découvert les carnets de son père dans lesquels étaient scrupuleusement notés, jours après jours, les moments de leur famille, leur vie à l’envers entre rires, fêtes et amour hors du temps. Un journal intime de la folie-douce d’une famille managée par un chef d’orchestre hors-pair, la mère et l’épouse : Louise.
Georges ouvre des garages et les vend. Il est sérieux, travaille beaucoup et gagne de l’argent. A l’origine c’est un homme «raisonnable» qui est tombé en amour-passion au premier regard vert émeraude d’une femme-enfant fantasque. Cette rencontre a illuminé sa vie. Il avait besoin d’étoiles dans son existence. Et cette étoile, Louise, est devenue sa femme, ma mère. Tous les jours, il l’appelle par un prénom différent. C’est un jeu. Ils s’amusent follement.
EXTRAIT
— Pauline, où sont mes espadrilles ?
Et Maman répondait :
— A la poubelle, Georges ! C’est encore là qu’elles sont le mieux !
Et Maman lui lançait :
— Georges, n’oubliez pas votre bêtise, on en a toujours besoin !
Et mon père répondait :
— Ne vous en faîtes pas, Hortense, j’ai toujours un double sur moi !
Leur appartement est ouvert à tous leurs amis, et ils en ont beaucoup. A la maison, c’est la fête presque tous les soirs. Ils dansent et boivent des cocktails de toutes les couleurs. Il y a des bulles de champagne partout ! Parmi leur entourage, il y a un sénateur que Georges appelle tendrement l’Ordure. Il dort à la maison trois nuits par semaine.
Georges et Louise dansent encore et encore sur l’air de Mister Bojangles de Nina Simone. Ils n’ouvrent pas leur courrier, jamais. Les lettres s’amoncellent en un tas monstrueux. Cela peut même devenir un terrain de jeu pour Mademoiselle Superfétatoire, l’animal domestique de la maison, la grue de Numidie rapportée d’un voyage. Mademoiselle Superfétatoire, c’est le frère ou la sœur de leur fils. Celui-ci la suit partout, imite sa démarche, les mouvements de son cou, partage sa nourriture … tout ce qui ajoute une note de folie est bon à prendre. Pour un enfant c’est de la normalité extravagante. A l’école, ce n’est pas drôle, tout est ordonné. On a tous un nom et c’est toujours le même … ce n’est pas la peine d’y rester.
EXTRAIT
A l’école, rien ne s’était passé comme prévu, alors vraiment rien du tout, surtout pour moi. Lorsque je racontais ce qui se passait à la maison, la maîtresse ne me croyait pas et les autres élèves non plus, alors je mentais à l’envers. Il valait mieux faire comme ça pour l’intérêt général, et surtout pour le mien. A l’école, ma mère avait toujours le même prénom, Mademoiselle Superfétatoire n’existait plus, l’Ordure n’était pas sénateur, Mister Bojangles n’était qu’un bête disque qui tournait comme tous les disques, et comme tout le monde je mangeais à l’heure de tout le monde, c’était mieux ainsi.
EXTRAIT
D’elle, mon père disait qu’elle tutoyait les étoiles, ce qui me semblait étrange car elle vouvoyait tout le monde, y compris moi. Ma mère vouvoyait également la demoiselle de Numidie, cet oiseau élégant et étonnant qui vivait dans notre appartement, et promenait en ondulant son long cou noir, ses houppettes blanches et ses yeux rouges violent, depuis que mes parents l’avaient ramenée d’un voyage je ne sais où, de leur vie d’avant. Nous l’appelions « Mademoiselle Superfétatoire » car elle ne servait à rien, sauf à crier très fort sans raison, faire des pyramides rondes sur le parquet, ou à venir me réveiller la nuit en tapant à la porte de ma chambre de son bec orange et vert olive.
Parfois, la famille part en Espagne dans un château que  Georges avait acheté avec tout l’argent de ses garages. Ils n’avaient pas de contraintes, juste cette merveilleuse folie-douce dont Louise assumait pleinement la charge. Pas très conventionnelle comme famille, mais follement amusante ! C’est un bonheur qui n’est pas compatible avec la société, c’est un surcroît de bonheur. Ma mère était une magicienne !
Un jour, un inspecteur des impôts est venu frapper à la porte. Louise ne l’a pas supporté. L’inspecteur ne se laissera pas faire. Qu’importe, ils retourneront dans leur château en Espagne !
Georges a écrit un journal dans lequel les excès de sa femme sont décrits, sa façon de faire de chaque jour un feu d’artifice. C’est un feu follet quotidien qui illumine la vie de la famille. Peu à peu, Louise devient trop fantasque, trop accrochée aux étoiles … L’enfant deviendra de plus en plus lucide et son père lui tiendra la main … L’Ordure, ami fidèle, sera présent avec eux, toujours.
EXTRAIT
J’étais conscient que sa folie pouvait un jour dérailler, ce n’était pas certain mais, avec un enfant, mon devoir était de m’y préparer, il ne s’agissait plus désormais de mon seul destin, un bambin y serait mêlé, le compte à rebours était peut-être lancé. Et c’est sur ce «peut-être» que tous les jours nous dansions et faisions la fête.
COUP DE COEURMa note coup de coeur : 5/5
 Ce que j’en pense…
Vie loufoque, vie décalée, vie de fantaisie avec un amour tellement fou et respectueux que l’univers ne serait pas assez grand pour le contenir ! Chassez le conventionnel, il n’existe pas !
C’est une histoire à double voix. Le père et l’enfant nous parlent de cet amour maternel, de cet amour d’homme envers sa femme qui charme, qui hypnotise. On observe bien le refus de Louise pour ce quotidien dont elle ne veut à aucun prix et cet amour entier qu’elle a pour le rire et les étoiles.
Elle pense ou se persuade que tout est possible, qu’il n’y a pas de limite jusqu’au moment où elle va prendre conscience que les sentiments se font rattraper par la raison.
Les deux hommes de sa vie ont conscience de sa douce-folie et l’acceptent jusqu’à que ce soit elle qui écrive le mot Fin pour ne pas les emporter dans un voyage sans retour.
En attendant Bojangles
Auteur : Olivier Bourdeaut
Publication : Janvier 2016
Editions Finitude
160 pages
EAN : 9782363390639

Catégories :Auteur français Coup de cœur Littérature française Roman

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