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Le pouvoir du journalisme de caniveau

AUX CINQ RUES BLOGAux cinq rues de Lima nous transporte dans un quartier de la capitale péruvienne des années 90 où la corruption fait office de grande dame. « En todo el pais, toque de queda », soit en français : « Couvre-feu dans tout le pays ».
Ce gros titre nous donne la température du quartier mal-famé Aux cinq rues de Lima où le pouvoir est corrompu et corrupteur. La ville est divisée en deux à plusieurs niveaux. On y trouve des quartiers huppés sur les hauteurs mais aussi le carrefour des Cinq Rues. Autrefois, celui-ci regorgeait de tavernes populaires, la joie ne se cachait pas dans les rues mais maintenant ce paysage s’est dégradé à la suite des attentats et des enlèvements perpétrés par le Sentier Lumineux et le Mouvement révolutionnaire Tupac Amaru (MRTA). Pour ne rien arranger, les coupures de courant qui, toutes les nuits, plongent dans le noir les rues de la ville finissent de gâcher la vie des habitants.
L’auteur, Mario Vargas Llosa, est un écrivain engagé en politique. Il a posé sa candidature à l’élection présidentielle de 1990 au Pérou et nous fait très rapidement comprendre qu’il a quelques comptes à régler avec la presse à scandale ou la «prensa amarilla».
Il nous ouvre les portes d’un scandale politico-médiatico-sexuel péruvien pendant la période du dictateur Fumijori où les enlèvements politiques, les meurtres, les agressions et le chantage étaient monnaie courante.
La première page du roman commence par Marisa, épouse d’Enrique Cardenas, industriel connu à Lima, qui se lance dans une aventure érotique lors d’une petite escapade à Miami avec sa meilleure amie Chabela, femme de Luciano, avocat. Nos deux couples, des « pitucos » (snobs, bourgeois) sont très américanisés et font partie de la jet-set péruvienne. Enrique Cardenas, riche homme d’affaires bien sous tous rapports a malencontreusement oublié qu’il avait participé quelques années auparavant à une partie fine lors d’un dîner avec des clients potentiels. Un jour, Rolando Garro, directeur sans scrupules du plus célèbre journal à scandales de Lima, le Strip-Tease, explique à Enrique qu’il possède des photos très compromettantes de cette soirée oubliée … Désemparé, Enrique prend immédiatement contact avec son ami avocat, Luciano Casasbellas qui n’est autre que le mari de Chabela.
EXTRAIT
Rolando Garro pense qu’il a réussi à obliger Enrique Cardenas à investir dans son journal à scandales Strip-tease :
« Ainsi, à l’échelle nationale, Strip-tease révèlerait – « dévoilerait au grand jour » – tout ce monde d’ombres, d’adultères, d’homosexualités, de lesbianisme, de sadomasochisme, de zoophilie et de pédophilie, de corruption et d’escroqueries qui nichait dans les bas-fonds de la société. Le Pérou tout entier pourrait satisfaire sa curiosité morbide, son appétit des ragots, ce plaisir immense dispensé aux médiocres – la majorité de l’humanité – consistant à savoir que les stars, les gens respectables, célèbres, décents, étaient faits eux aussi de la même boue malpropre que les autres. »
Ma note : 2/5
Ce que j’en pense…
L’auteur nous décrit une comédie de mœurs sur fond de collusion entre la presse et le pouvoir péruvien. Les rôles principaux des deux couples ne sont pas les plus intéressants.
Un homme d’affaires, un avocat, leurs deux épouses qui se lancent dans des scènes «caliente» dès le début du roman pour éviter de penser au monde anxiogène péruvien dans une maison à Miami … Oui, bon … et alors ? Banal !
Par contre, on ne peut pas passer à côté de la « Riquiqui », journaliste de petite taille, disgracieuse mais qui a le caractère de ceux qui ont faim. Ce serait-elle rachetée une moralité par hasard ?
Sur ce plateau de protagonistes est aussi cité le bien mystérieux Docteur, chef de la police du dictateur Fujimori (Président de la République du Pérou de 1990 à 2000), qui tire des ficelles peu honorables d’un jeu des destins ou le poète malheureux qui déclame intérieurement sa tristesse tant et si bien qu’il se rétrécit au fil des jours. Son seul rayon de soleil est son chat qu’il protège ardemment afin qu’il ne finisse pas en « civet de matou » apportent du sel à ce livre.
L’épilogue de cette histoire nous entrebâillera une fenêtre sur l’autre affaire derrière l’affaire, qui peut-être, ne sera jamais révélée sur la place publique … car il n’existe pas d’affaires chez « les gens bien sous tous rapports » … Et vous, vous l’avez trouvé l’affaire ?
Aux cinq rues de Lima
Auteur : Mario Vargas Llosa
Traduit de l’espagnol (Pérou) par Albert Bensoussan
et Daniel Lefort.
Editions Gallimard – mai 2017
304 pages
ISBN-10 : 2072706297
ISBN-13 : 978-2072706295

Catégories :Auteur Péruvien Polar/Thriller

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