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Destins fragiles

Le Livre des Baltimore ou les secrets de la famille Goldman. Une famille, deux clans : les Goldman-de-Baltimore qui sont riches et les Goldman-de-Montclair appartenant à la classe moyenne et résidant dans la banlieue de New-York.
Marcus Goldman fait partie de la banlieue newyorkaise, c’est-à dire de la branche « ratée ». Lorsqu’il était enfant, leurs grands-parents avaient pris l’habitude de désigner les foyers par le nom de la ville où ils résidaient, par tendresse et commodité. Mais plus le temps a passé et plus cette petite habitude s’est teintée d’une pointe de cruauté au fil des succès ou des échecs de l’un ou de l’autre des familles.
EXTRAIT
« Dans la prononciation du lexique familial, mes grands-parents avaient fini par associer dans leurs intonations les sentiments privilégiés qu’ils éprouvaient pour la tribu des Baltimore : au sortir de leur bouche, le mot «Baltimore» semblait avoir été coulé dans de l’or, tandis que «Montclair» était dessiné avec du jus de limaces. Les compliments étaient pour les Baltimore, les blâmes pour les Montclair. »
Enfant, Marcus était éperdu d’admiration pour son oncle Saul qu’il considérait plus valorisant que son père à cause de l’aisance financière dont il bénéficiait. Toute son enfance, il essaiera d’oublier qu’il n’est pas un Goldman de Baltimore. Il nous raconte ses moments de bonheur durant les étés passés avec ses cousins Hillel et Woody des Goldman-les-plus-riches. Leurs souvenirs, leur amour au singulier car ils étaient tous les trois amoureux de la même jeune fille, Alexandra. Bon, jusque là rien d’extraordinaire … Et pourtant … c’est l’histoire d’une amitié indéfectible entre ces enfants, qui se font appeler le « gang des Goldman », un trio qui se retrouvera soudé à vie à la mort.
Et puis un jour, le drame …  le temps passe …
Huit ans après, Marcus veut comprendre le déroulement des événements qui précipitèrent la chute des Goldman-de-Baltimore. Il décide d’écrire un livre.
En février 2012, il quitte l’hiver new-yorkais pour la chaleur tropicale de Boca Raton, en Floride, lieu de vacances de son enfance avec ses cousins.  Il retrouve avec nostalgie les lieux où l’ombre du fameux «gang des Goldman» plane toujours. Et là, par un incroyable hasard, la maison qu’il a louée se situe à quelques pâtés de l’habitation de cette fameuse jeune fille dont tous les garçons rêvaient à l’époque … Alexandra Neville.
Au gré des souvenirs de sa jeunesse, il dissèque le destin des Goldman-de-Baltimore. Il essaie d’analyser la fascination qu’il éprouvait jadis pour cette famille de l’Amérique huppée, entre les vacances à Miami, la maison de vacances dans les Hamptons et les frasques dans les écoles privées. Mais les années passent et le vernis des Goldman-de-Baltimore s’effrite à mesure que le drame se profile. Et un jour où tout bascule. La  question qui hante Marcus : qu’est-il vraiment arrivé ? La vie peut-elle exploser du jour au lendemain ?
Ma note : 3/5
Ce que j’en pense…
Le Livre des Baltimore traite en partie des différences sociales vues et exprimées à travers le regard d’un enfant qui grandit et prend conscience de la réalité des choses. Cette écriture vous ouvrira les portes d’une saga familiale avec ses secrets de famille, ses réussites, ses échecs, ses petits, grands et pieux mensonges. La vie peut changer en un claquement de doigts. Les destins se brisent, se croisent et se transforment …  Vous pensiez comprendre le drame de cette famille dès les premiers mots alors qu’en tournant les pages vous réalisez qu’il vous faut atteindre la fin de l’histoire pour que la vérité se dévoile ! Les faits du hasards ne font que s’imbriquer les uns aux autres et c’est à vous de les assembler pour arriver à une vérité dont vous ne soupçonniez même pas l’existence !
Si vous avez lu, la Vérité sur l’Affaire Harry Quebert, vous retrouverez cette ambiance familière, comme si vous reveniez à la maison après une absence plus ou moins longue. L’auteur, Joël Dicker ou son faux-double Marcus Goldman (héros du récit) entretiennent cette impression de familiarité. Donc vous connaissez leur principal souci ? Le syndrome de la page blanche ! Effectivement, la problématique de notre écrivain devenu célèbre est de continuer à l’être ! Quand la fiction dépasse la réalité … ou le contraire ?
C’est un roman sur la chute et la fragilité des destins et aussi sur la reconnaissance de soi par les autres. La richesse ne protège pas de tout … Nous passons du temps à construire une vie basée sur la réussite matérielle. L’argent n’existe pas vraiment et peut s’évaporer du jour au lendemain.
Dès la première page, nous reconnaissons immédiatement le style Dicker. Nous retrouvons les mêmes tournures, les mêmes trames ainsi que les nombreux flash-back auxquels notre romancier nous avait habitués dans son livre précédent. Ses personnages sont complexes, attachants et l’auteur a ce don pour tenir le lecteur en haleine !
Avec cette lecture du roman Le livre des Baltimore, je n’ai pas eu le même effet de surprise qu’avec La Vérité sur l’Affaire Harry Quebert.  J’ai eu grand plaisir à m’y plonger et très sincèrement je ne m’attendais pas à la fin de cette histoire mais l’impression du « déjà-vu » par rapport au style et aux personnages (aussi attachants soient-ils) du roman précédent m’a laissé un « je ne sais quoi » d’envie de nouvelles têtes.
Allez, un dernier petit extrait pour la route … conversation entre Marcus et sa grand-mère :

– Grand-mère, où étaient-ils passés pendant toutes ces années ?

– De quoi parles-tu, mon chéri ? Des albums ?

– Non, des Goldman-de-Baltimore. Avant les cinq ans d’Hillel, il n’y a aucune photo des Goldman-de-Baltimore …

Elle prit d’abord un air agacé et chassa du bras la possibilité d’une conversation.

– Bah, dit-elle, laissons le passé derrière, c’est mieux.

Je repensai à l’étrange oraison prononcée par Oncle Saul à l’enterrement de grand-père.

– Mais, grand-mère, insistais-je, c’est comme si, à un moment donné, ils avaient disparu de la surface de la terre.

Elle me sourit tristement.

– Tu ne crois pas si bien dire, Markie. Tu ne t’es jamais demandé comment ton oncle s’est retrouvé à Baltimore ? Pendant plus de dix ans, Oncle Saul et ton grand-père ne se sont pas parlé.

Le Livre des Baltimore
Auteur : Joël Dicker
Publié en septembre 2015
Editions de Fallois
475 pages
ISBN-10 : 2877069478
ISBN-13 : 978-2877069472

Catégories :Auteur suisse Littérature suisse Polar/Thriller

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